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 Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B

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Curunir

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MessageSujet: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   Lun 3 Juin 2013 - 0:15

Comme le nom l'indique, cette publication porte sur le théâtre de l'absurde et en particulier sur celui de Samuel Beckett, auteur que j'apprécie fortement. Pour ceux qui ont déjà lu "Fin de partie" ( ou à la rigueur "En attendant Godot" ) vous n'êtes pas en territoire inconnu. Le théâtre de l'absurde est particulier donc je peux comprendre si vous n'avez pas du tout aimé, si vous aimez tant mieux, dans tout les cas vos commentaires sont plus que bienvenus. Merci pour votre lecture et vos impressions. ^^





Petite maison délabrée, une porte et deux fenêtres, quelques meubles en piteux état. Luminosité faible. Dans un lit est allongé Sei qui dort d’un sommeil lourd, Serv se tient debout à quelques mètres. Il vient régulièrement replacer le drap qui recouvre le corps de Sei jusqu’aux épaules. Serv s’approche, prend un oreiller qu’il met sur le visage de Sei et appuie fortement. Il cesse lorsque Sei commence à bouger. Sei se réveille comme si rien ne c’était passé. Il enlève l’oreiller de son visage et reste dans le lit à regarde Serv attendant que ce dernier dise quelque chose.

Serv – La partie recommence, elle qui aurait pu enfin finir. Inlassablement la même erreur qui m’empêche de la terminer. Ce jeu ne cessera donc jamais ?
Sei – ( baille ) Tu as l’air bougon. ( baille de nouveau ) Peut-être qu’une petite histoire te remettra d’humeur. ( voix de conteur ) Ô puissant Carnassier ! Toi qui dévore toute chose, viendras-tu faire rougir tes crocs sur ma gorge déployée ? ( un temps, ton flatteur ) C’est bien ça ! Un bon début n’est-ce pas ?
Serv – J’ai préféré la fin, lorsque tu as enfin cesser de parler.
Sei – Ne cesseras-tu donc jamais d’être désobligeant ?
Serv – Tu peux toujours courir !
Sei – Je n’ai pas de jambes..
Serv – Et moi de patience pour t’entendre geindre une fois encore à ce sujet.
Sei – Quelle heure est-il ?
Serv – Bien trop tard pour vivre et bien trop tôt pour être enfin libre.
Sei – ( inquiet ) Tu veux me quitter ?
Serv – À chaque seconde que le grand Architecte fait !
Sei – ( véhément ) Il n’y a plus d’Architecte ! ( avec fougue ) Plus de Cosmos ! Plus de Nature ! Le Carnassier nous a débarrassés de ces futilités.
Serv – Il n’a pas pu dévorer l’ensemble de la masse qui hier encore grouillait partout.
Sei – ( mélancolique ) Hier ! Aujourd’hui ( rire bref ), ils mangent les pissenlits par la racine.
Serv – ( avec espoir ) Ah ! Il reste donc les pissenlits !
Sei – Il ne reste plus rien te dis-je !
Serv – Mais nous deux ?
Sei – Un amas de rien.
Serv – Cela n’a aucun sens.
Sei – Pas plus que cette conversation.
Serv – Je vais partir.
Sei – Fais-le ou ne le fait pas mais cesse donc de m’embêter avec tes sempiternelles idées de départ.
Serv –Tu serais bien dans l’embarras si je partais.
Sei – Je serais enfin tranquille.
Serv – Et bien je reste !
Sei – ( dépité ) C’est ce que je craignais..
Un temps.

Serv – L’histoire avance ?
Sei – Fort peu malheureusement. Je cherche des mots rimant avec néant.
Serv – Harmattan !
Sei – Il n’y a plus de vent !
Serv – ( tout doucement ) Hareng.
Sei – ( se penche pour entendre ) Que dis-tu ? C’était forban ?
Serv – ( avec force ) Hareng ! Haaaareeeeeeng !
Sei – Je t’en foutrais des harengs ! Et pourquoi pas des flétans tant qu’on y est !
Serv – Je croyais que tu voulais de l’aide.
Sei – Je ne pensais pas que tu serais.. que tu serais.. si inutile !
Serv – Qu’est-ce que l’on va faire maintenant ?
Sei – Attendre que le temps passe.
Serv – Je croyais qu’il n’y avait plus de temps.
Sei – Alors, nous attendrons longtemps.
Serv – Vraiment longtemps ?
Sei – Autant qu’il le faudra.
Serv – Cela ne finira donc jamais !
Sei – Tu veux que cela finisse ? Loin de moi c’est la mort !
Serv – Et je me meurs lorsque je suis à tes côtés.

Un temps.

Sei – Approche le candélabre, j’ai froid.
Serv – Pauvre diable ! Pourquoi aurions-nous un candélabre ?
Sei – ( hurlant ) Salopard ! Je t’interdis de jurer sous mon toit ! ( subitement mielleux ) Approche le s’il te plaît.
Serv – Il n’y a plus de candélabre.
Sei – Alors, je mourrais de froid.
Serv – ( heureux ) Grand bien nous fasse !
Sei – Nous ?
Serv – Seulement à moi.
Sei – Voila qui est mieux. Quel jour sommes-nous ?
Serv – Quelle importance ?
Sei – Aucune, hormis faire la conversation.
Serv – Je suis las de tes conversations.
Sei – Alors, va-t’en !
Serv –Nous jouons les derniers coups, n’as-tu rien à me dire avant la fin de la partie?
Sei – Je n’ai rien à dire au saligaud qui me laisse à mon sort !

Serv s’éloigne peu à peu mais se stoppe à la porte.

Sei –Serv, tu es là ? ( il attend une réponse qui ne vient pas ) Tant pis. Puisqu’il la joue ainsi, je terminerai seul cette partie.. ( il remet en place le drap et ferme les yeux )

Rideau
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Rin
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MessageSujet: Re: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   Lun 3 Juin 2013 - 10:01

... ... WTF ? J'ai eu peur que ça me déplaise énormément, car quand je comprends pas ça me met hors de moi lol mais ça m'a fait tellement rire en réalité, que j'ai fini par aimé.

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Curunir

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MessageSujet: Re: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   Lun 3 Juin 2013 - 15:04

En général, ça se passe comme ça pour le théâtre de l'absurde : soit tu n'aimes pas du tout parce que tu ne comprends pas, soit tu apprécies parce que cela te fait rire. Je consens que c'est un genre particulier. Je suis bien content que ça t'ai fait rire, c'était l'effet voulu. Je conseille ce genre à ceux qui veulent essayer d'écrire un peu sur le théâtre, c'est un exercice bien difficile. Il faut que ce soit le plus plat possible mais que l'histoire avance en même temps.
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Mazappe



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MessageSujet: Re: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   Lun 3 Juin 2013 - 17:18

Mais pourquoi ? Un temps. Pourquoi te sens-tu obligé de sur-accentuer la temporalité dans ce que tu écris ? Un temps.
Il y a plein de chose faites pour ponctuer ; et pas seulement des points divers. Un temps. Alors pourquoi écrire toujours ce "Un temps" ?
Sur l'autre texte (Eerie nightmare) je l'ai trouvé artistiquement plausible - quoique un peu alourdissant dans le style - [Un temps.] mais là, si c'est un simili théâtre ? Le double/triple saut de lignes ne suffit-il pas à accentuer une distance entre les différentes parties ?

Cela étant dit moi j'aime bien l'absurde. Je crois pas que l'absurde soit là pour qu'on ne comprenne pas, mais pour qu'au contraire on saisisse la limite de la compréhension. De ce point de vue il y a de tout. Des trucs sans réponses, et des idées qui tiennent la route et font avancer (ou pas) la micro-narration.
Comme tu le dis la difficulté je pense que dans ce genre d'exercice la difficulté est de faire avancer l'histoire, mais une histoire qui en même temps n'a pas plus de sens que s'il n'y avait pas d'histoire, mais il y en a une, ou pas, en filigrane, qui avance à reculons vers un nul part. Je me suis perdu. Tu m'as égaré. Mon Dieu. Au secours ! Je n'ai pas besoin d'aide, juste d'une carte et d'une boussole. Mais je n'en ai pas. À l'aide !

C'est inspirant, ça ne peut pas tuer une section littéraire qui s'était vidée avant ton arrivée. Alors, vas-y. Continue. Amen.
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Curunir

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MessageSujet: Re: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   Lun 3 Juin 2013 - 18:57

L'un de mes thèmes préféré est le temps justement ce qui explique j'aime plus que tout le mettre en avant Wink
Et pour te donner plus d'explication, je te t'invite à relire le titre et l'introduction. C'est un texte écrit à la manière de Samuel Beckett. Ce dernier, dans sa pièce "Fin de partie", met en avant une didascalie qui est tellement présente qu'elle est aussi palpable que les personnages. Cette didascalie c'est "un temps" car dans la pièce le temps est vraiment présent, on le ressent. Il n'avance pas, le temps ne passe pas, le temps se fait long. Et pendant ce temps ( no comment sur l'expression :p ), les personnages se lancent dans de veines discussions dans l'espoir qu'il se passe quelque chose. Mais dans ce monde pots-apocalyptique rien ne peut se passer puisqu'il ne reste plus rien, alors rien ne se passe, le temps se fait toujours aussi long et la fin à un goût de début (le personnage de Hamm fait à la fin de la pièce ce qu'il faisait au début ).
Puisque j'adore le thème du temps, je ne pouvais que rendre hommage à Beckett qui l'a si bien mis en avant. Pour avoir vu la pièce jouée par des acteurs, je puis t'assurer que le temps est un acteur que l'on sent présent sur la scène. Si tu lis la pièce un jour, tu t'apercevras que cette didascalie est présente de une à dix fois par page, j'exagère pas ( donc j'ai été assez soft je trouve Razz ). Et puisque que j'ai écris à la manière de, il me fallait la retranscrire, et ça ne m'a pas dérangé du tout, au moins une fois.

WOW, je m'étais pas rendu compte que ma "petite" explication était si longue ^^''

"Comme tu le dis la difficulté je pense que dans ce genre d'exercice la difficulté est de faire avancer l'histoire, mais une histoire qui en même temps n'a pas plus de sens que s'il n'y avait pas d'histoire, mais il y en a une, ou pas, en filigrane, qui avance à reculons vers un nul part."
Ce passage de ton commentaire m'a vaguement rappelé un de mes premier cours de littérature en terminale, lorsque mon professeur essayait de nous expliquer qu'on allait étudier une histoire ou il n'y a pas d'histoire. Tu m'as fait sourire sur le coup.

Je ne sais pas toi, mais j'apprécie fortement les histoires qui déboussolent ce sont les plus intéressantes à mes yeux ( inutile de lire un livre dont on connait la fin ). ^^

Sinon rassure toi, le prochain texte n'aura pas le temps dans ses thèmes. Je suis en période d'exams donc ce ne sera pas tout de suite mais dans pas trop longtemps.
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Mazappe



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MessageSujet: Re: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   Lun 3 Juin 2013 - 20:31

« le prochain texte n'aura pas le temps dans ses thèmes. Je suis en période d'exams donc ce ne sera pas tout de suite mais dans pas trop longtemps. »

Si c'est pas dans le texte, au moins ça sera dans sa présentation !

La temporalité est une chose intéressante, c'est certains. Mais tu postes deux textes et dans les deux il y a ce même "Un temps." ça crée un doute sur l'utilisation. Je connais pas Beckett (le seul truc que je sais c'est qu'il y a un Lycée à son nom quelque part vers Paris...) donc je ne saurais dire l'importance de cette phrase chez lui. Surtout pas si c'est dans une pièce en particulier.

Un prof de litté... grand Dieu ! Mon prof de litté en Terminale était vraiment cool, je prend ça comme un compliment. Mais j'avoue que pour cette phrase j'ai commencé à partir dans l’ironique absurde... on a tout intérêt à se demander quel est la part de talent, de connaissance et d'escroquerie de professeur de ces brumeuses matières de littéraire ! (dixit l'escroc de base)

Pour revenir à ton prochain texte, tant mieux s'il ne tarde pas, car il me tarde de le lire !
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MessageSujet: Re: Essai : théâtre de l'absurde à la manière de S.B   

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